Un point sur l'alternance

Parole d'expert : Gilles Bensaïd, directeur des partenariats

Gilles Bensaïd à propos de l'alternance
Gilles Bensaïd,directeur des partenariats du Cnam
A l'occasion de la sortie du catalogue de l'alternance - édition 2018-2019 -, nous avons donné la parole à Gilles Bensaïd, directeur des partenariats du Cnam. Il revient pour nous sur la politique du Cnam en matière de formation en alternance.

Quelle est l’approche de la direction des partenariats en matière de formation en alternance ?

Depuis plusieurs années, le Cnam a souhaité pleinement s’inscrire dans la politique de développement qualitatif et quantitatif de l’alternance, impulsée par les pouvoirs publics et par les partenaires sociaux.

Les points clés de notre approche de l’alternance sont les suivants :

  • Nous plaidons pour une approche volontariste mais raisonnée de l’alternance. Il ne s’agit pas d’ouvrir des formations en alternance de manière anarchique, mais de mobiliser davantage cette voie d’accès à la qualification au regard de l’offre de formation déjà existante sur un territoire. Nous devons par ailleurs être attentifs aux besoins économiques des territoires.
  • Nous entendons affirmer la spécificité de l’alternance qui consiste en une articulation entre deux lieux de formation que sont l’entreprise, d’une part, et l’établissement de formation, d’autre part.
  • Nous veillons, pour l’ensemble de nos formations, mais davantage encore pour celles dispensées par la voie de l’alternance, à associer les professionnels lors de l’étape de définition des référentiels de compétences et de certification.

Quels sont les enjeux de la réforme en cours au regard des mécanismes de la taxe d’apprentissage ?

Dans le cadre de cette réforme, un consensus se dégage sur la nécessité d’une simplification des mécanismes de financement de l’apprentissage. En effet, ces mécanismes demeurent encore aujourd’hui relativement complexes, et ce malgré les améliorations apportées par la loi du 5 mars 2014.

Deux projets d’évolution impactant la taxe d’apprentissage font, quant à eux, davantage débat :

  • le premier consiste en une réduction de la partie de la taxe d’apprentissage dédiée aux formations initiales hors apprentissage, ce que l’on nomme, selon les termes consacrés, le barème ou le hors quota, et qui représente actuellement 23 % de la taxe ;
  • le deuxième traduit un questionnement, porté par quelques acteurs des politiques de formation, sur la pertinence de la gestion d’une partie de la taxe d’apprentissage par les conseils régionaux.

Au regard de ce projet de réforme, on peut identifier deux grands enjeux :

  1. identifier les voies de complémentarité entre les formations sous statut scolaire ou étudiant et sous statut d’apprentissage, ainsi que leurs sources de financement ;
  2. trouver un point d’équilibre entre la nécessité de prendre en considération les besoins des acteurs économiques et d’assurer une régulation d’intérêt général de l’organisation de l’offre de formation en apprentissage.

Que finance la taxe d’apprentissage affectée aux formations du Cnam ?

Les entreprises peuvent, lors du versement de la taxe d’apprentissage, qui doit se faire avant le 1er mars de l’année en cours, affecter une partie de la taxe d’apprentissage aux formations du Cnam.

Sur sa partie quota, dédiée aux formations en alternance, la taxe d’apprentissage permet notamment de financer différentes innovations pédagogiques mobilisées dans les formations dispensées par notre CFA. À titre d’exemple, l’ApprentiLab du CFA du Cnam mobilise des financements de la taxe d’apprentissage. L’ApprentiLab se définit comme un lieu d’échange des connaissances et des compétences entre les apprentis de différentes filières professionnelles ; cela permet l’utilisation d’outils techniques sollicitant les savoir-faire numériques.

Sur sa partie hors quota, dédiée aux formations hors alternance, la taxe d’apprentissage vient soutenir différents postes de dépenses : achat d’équipements pédagogiques, voyages d’études à l’étranger, opérations de promotion des métiers et des formations dispensées par le Cnam, etc. Le hors quota de la taxe d’apprentissage a, par exemple, permis de financer la construction d’un prototype de « drone humanitaire », capable de livrer des médicaments dans des zones reculées. Le prototype a été conçu par les élèves en 3e année de formation d’ingénieur.

Si vous deviez dessiner votre représentation du Cnam, comment le décririez-vous ?

Ancien, mais moderne et innovant !

Une institution au service des personnes, des entreprises et des territoires.